Comptes en ligne d'une personne décédée : fermer, conserver ou mettre en souvenir
Les comptes en ligne ne s'éteignent pas avec leur titulaire. Sans démarche, ils restent ouverts pendant des années : un profil qui réapparaît dans les suggestions d'amis, une boîte email qui reçoit des relances, des abonnements qui continuent d'être prélevés. Voici ce que les proches peuvent faire, plateforme par plateforme.
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Ce que la loi permet aux héritiers
Le RGPD ne protège pas les données des personnes décédées, mais la loi française, elle, prévoit un cadre : l'article 85 de la loi Informatique et Libertés permet à chacun de laisser des directives sur le sort de ses données après sa mort, et, à défaut, autorise les héritiers à demander la clôture des comptes du défunt et à s'opposer à la poursuite des traitements.
Ce que la loi ne donne pas : l'accès au contenu. Les emails, les messages privés et les photos d'un compte restent en principe inaccessibles aux proches, sauf décision de justice ou dispositif prévu par la plateforme elle-même (contact légataire Facebook, héritage numérique Apple, gestionnaire de compte inactif Google). En pratique : on ferme, on ne lit pas.
Fermer ou mettre en souvenir ?
Deux grandes familles de plateformes :
- Les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn) proposent souvent deux issues : la suppression définitive, ou la transformation en compte de souvenir (dit « de commémoration »), qui conserve le profil visible pour les proches, bloque toute connexion et retire le compte des suggestions. Le choix appartient à la famille ; beaucoup gardent le compte quelques mois avant de le supprimer.
- Les messageries, le stockage et les abonnements (Gmail, iCloud, Outlook, Netflix, Spotify, Amazon) ne se « conservent » pas : on demande la fermeture, et parfois la récupération de certaines données (photos, documents) quand la plateforme le prévoit.
Avant de fermer une messagerie, vérifiez qu'elle ne sert plus : c'est souvent elle qui reçoit les codes de sécurité et les identifiants des autres services, dont la succession a encore besoin pendant quelques semaines.
Les documents demandés
Chaque plateforme a son formulaire, mais les pièces se ressemblent :
- une copie de l'acte de décès (parfois un avis de décès publié suffit pour une mise en souvenir) ;
- la pièce d'identité du demandeur ;
- la preuve du lien avec le défunt : livret de famille, acte de naissance, parfois acte de notoriété ou testament pour une suppression ;
- l'identifiant du compte : adresse email, nom du profil ou lien vers la page.
Pour une suppression, les plateformes exigent en général que la demande vienne d'un membre de la famille proche ou d'un représentant légal. Une simple connaissance peut signaler le décès, pas faire supprimer le compte.
Plateforme par plateforme
| Plateforme | Ce qui est possible | Qui peut demander |
|---|---|---|
| Compte de souvenir ou suppression. Un « contact légataire » désigné de son vivant peut gérer le compte de souvenir. | Souvenir : toute personne avec une preuve du décès. Suppression : famille proche, avec acte et preuve du lien. | |
| Compte de souvenir ou suppression. | Souvenir : toute personne avec une preuve. Suppression : famille proche (acte de naissance du défunt, acte de décès, preuve de la qualité). | |
| Google (Gmail, Photos, YouTube, Drive) | Clôture du compte ; demande de fonds ou de données possible, examinée au cas par cas. Un « gestionnaire de compte inactif » choisi de son vivant règle tout automatiquement. | Un proche, avec sa pièce d'identité et l'acte de décès. |
| Apple (iCloud, photos, App Store) | Suppression du compte ; accès aux données seulement par un « contact légataire » désigné de son vivant, avec la clé d'accès et l'acte de décès. | Un proche, avec l'acte de décès. |
| Microsoft (Outlook, OneDrive, Xbox) | Fermeture sur demande ; sinon le compte est fermé de lui-même après deux ans sans connexion. Pas d'accès aux contenus sans décision de justice. | Un proche, via le support. |
| Compte de souvenir ou suppression. | Un proche ou un représentant, avec le lien du profil et une preuve du décès. | |
| X (Twitter), TikTok, Snapchat | Suppression sur demande. | Famille proche, avec acte de décès et pièce d'identité. |
| Amazon, PayPal | Fermeture du compte ; le solde PayPal est versé à la succession. | Un proche (Amazon : email dédié aux proches endeuillés). PayPal demande des justificatifs de qualité. |
| Netflix, Spotify, Deezer et autres abonnements | Annulation depuis le compte si vous y avez accès, sinon par le service client. La banque, informée du décès, arrête de toute façon les paiements par carte. | Toute personne ayant accès au compte, ou un proche via le support. |
Guides détaillés : Facebook et Instagram, Google et Gmail, Apple et iCloud, LinkedIn, Microsoft et Outlook, X (Twitter).
Dans quel ordre s'y prendre
- Prévenir la banque : les prélèvements et paiements par carte s'arrêtent, les abonnements payants tombent d'eux-mêmes.
- Garder la messagerie et le téléphone quelques semaines : ils reçoivent les codes et les identifiants utiles aux autres fermetures.
- Décider, en famille, du sort des réseaux sociaux : souvenir ou suppression.
- Déposer les demandes, plateforme par plateforme, avec l'acte de décès ; noter la date et garder les accusés de réception.
- Fermer en dernier la messagerie principale.
Ce que Delesto propose
Depuis votre dossier, l'option « Ses comptes en ligne » (29 € TTC, quel que soit le nombre de comptes) : vous désignez les comptes et, pour chacun, fermeture ou souvenir ; nous déposons les demandes auprès de chaque plateforme avec l'acte de décès, nous suivons leurs réponses et nous vous rendons compte de ce qui a été fait et de ce qui ne peut pas l'être. Nous n'accédons à aucun contenu.
Questions fréquentes
Peut-on lire les emails ou les messages d'un proche décédé ?
En principe non. La loi permet aux héritiers de demander la fermeture des comptes et d'exercer certains droits sur les données, pas d'accéder aux correspondances. Seuls les dispositifs prévus par la plateforme (contact légataire, héritage numérique, gestionnaire de compte inactif) ou une décision de justice le permettent.
Que devient un compte si personne ne fait rien ?
Il reste ouvert. Facebook et Instagram finissent souvent par le mettre en souvenir quand le décès leur est signalé ; Microsoft ferme les comptes après deux ans sans connexion ; Google peut supprimer un compte inactif après deux ans. Les autres restent tels quels, abonnements compris tant que la carte fonctionne.
Un compte de souvenir est-il définitif ?
Non pour la famille : elle peut ensuite en demander la suppression. Oui pour le compte lui-même : plus personne ne peut s'y connecter, et son contenu n'évolue plus.
Combien de temps prennent les plateformes ?
De quelques jours (mise en souvenir Facebook) à plusieurs semaines (suppressions avec vérification des pièces, Apple, Google). Les demandes incomplètes sont la première cause de délai : pièces lisibles, identifiant exact, lien de parenté clair.
Ce guide donne des repères généraux. Pour une situation particulière, rapprochez vous du notaire chargé de la succession.
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